Les enfants dans tout ça

Coucou! Nous sommes les intervenantes jeunesses de la Maison de Lina et nous voulons te parler de choses importantes et sur lesquelles nous pouvons être inquiètes pour toi en tant qu’enfant victime de violence conjugale. Tu dois savoir que nous sommes là pour toi si tu as besoin, que tu viennes ou non en hébergement accompagné de ta maman. 

Tu te sens comme dans une tempête? Ça peut devenir mélangeant tout ce qu’il se passe, car il peut faire plus beau certains jours et que tu aimes ton papa. Mais s’il-te-plait, parles-en à un adulte en qui tu as confiance et fais attention, car le mauvais temps risque de recommencer. Cette image ci-dessous, le cycle de la violence vécu par l’enfant et la mère, va probablement mettre des mots sur ce que tu vis à la maison ou à l’extérieur :

Référence : Boutin Rachel, Mon père me fait peur, vécu des enfants exposés à la violence conjugale (1998). Les Éditions Deslandes. 147 pages.

Brise le silence si tu es victime de violence, qui se traduit par différentes formes: humiliation, manipulation, rejet, cris, menace, coup, gifle, pousser, attouchement sexuel, forcer à regarder du matériel pornographique et plusieurs autres. Malheureusement, suite à ces agressions, tu en seras probablement affecté et cela sur le plan physique, psychologique, comportemental et social. Voici quelques exemples : cauchemars, maux de cœur ou de tête, blessures physiques, inattention, irritabilité, craintes, agressivité, angoisse, baisse de l’estime de soi, abus de drogues ou d’alcool, décrochage scolaire.

Nous devons tous être conscients(es) que l’enfant qui se retrouve dans cette dynamique malsaine est considéré comme étant victime de la violence conjugale puisqu’il peut voir, entendre et vivre dans le climat de tension et de peur, provoqué par la présence de scènes de violence. Il peut aussi arriver qu’il subisse directement des mauvais traitements (par exemple : abus physique ou sexuel, négligence, menaces).

On peut te comprendre si tu vis des émotions comme de la tristesse, colère, peur ou même la joie ? Ça se peut aussi que tu réagisses à cette dynamique de violence, par exemple, en étant aimable pour faire baisser la tension, en t’isolant lors des scènes de violence ou encore en t’interposant pour défendre ta mère. Tu peux aussi te sentir coupable de ce qui arrive ou encore de vouloir aider papa. Il faut que tu saches que tu n’es pas responsable de la violence et que toi aussi tu peux vouloir qu’on t’aide. Les intervenantes jeunesses et ta maman seront là pour répondre à tes besoins que tu aies le goût d’avoir du plaisir, d’être cru, respecté, réconforté, de t’exprimer ou de te sentir moins seul.

En tant qu’enfant, tu occupes une grande place à nos yeux et ton bien-être ainsi que ta sécurité nous tiennent à cœur. Nous avons le souci d’être présentes pour t’accueillir, t’écouter, te rassurer et aussi te sensibiliser à travers ce que tu vis.